Un jardin luxuriant à Menton ???? Le chantier de jardinage pratique.  2023

Un jardin luxuriant à Menton Le chantier de jardinage pratique. 2024

Pergola où adhèrent ipomée et jeunes grimpeurs.

Le géant repart en éventail. Tétrapanax Survolez la pergola où s’accrochent la gloire du matin et les plantes grimpantes.

Pour accéder au jardin perché de Laurent, il faut quitter les ruelles du Vieux-Menton, gravir des routes sinueuses jusqu’à une magnifique corniche au-dessus du col de Garavan, et affronter la dernière pente raide qui se rétrécit sérieusement devant la porte d’entrée. Le pays mentonnais est ainsi : escarpé, mais densément bâti et sillonné de sentiers improbables. C’est le sauvetage d’une situation merveilleuse, dans un climat exceptionnel qui produit des jardins luxuriants et fleuris comme sous les tropiques.

Bambou géant devant l'aire de repos.

Le petit salon est protégé par un rideau géant en bambou. Phyllostachys vivax ‘Aureocaulis’, aux cannes dorées.

Du bambou partout

« J’ai vite compris que tout peut grandir ici », confie Laurent Gannac en nous présentant son petit paradis. On entre par un long tunnel de végétation entre des « murs » de bambous : « Au début, nous plantions beaucoup PhyllostachysMais aujourd’hui je préfère les espèces les moins rustiques. BambouDEPUIS KimonobamboudeEndoctrinons-nous…Ces bambous ont une grande croissance, certains sont même géants, ayant l’avantage d’être moins traînants. « .

Un bel Agave Attenuata

Une belle Agave atténuée et plectranthus.

De cette exubérance émergent quelques bâtiments, cabanes avec perchoirs, murs pentus et pergolas aux couleurs chaudes, qui annoncent la résidence, à peine visible parmi les vignes exotiques d’ipomée, de ficus à petites feuilles, ou de christophines des Antilles (chayotte). Des fruits qui sont cueillis en automne pour être gratinés.

La terrasse suspendue du jardin de Laurent.

Changement de décor

La maison est en grande partie ouverte sur l’extérieur. Devant la cuisine, une petite pièce verte et ombragée est entourée d’arbres sinueux tressés en cannes de bambou. Le sol est vert, planté d’un couvre-sol exotique, le dichondra, qui économise l’eau, contrairement à l’herbe. En revanche, la terrasse en bois est très ouverte, comme suspendue au-dessus du paysage. Vous pouvez voir la mer soutenue par la balustrade en châtaignier, qui a été renforcée par une clôture lorsque Dealul Mic a fait ses premiers pas.

Terrasse avec vue mer.

La terrasse et ses nombreux pots : Bonsai Zelkova, beaucarnéedragon canari, Schefflera arboricola

Passion agrumes.

Laurent a tout planté lui-même, mais a aussi fait beaucoup de choses pour apprivoiser la pente. « Rien n’est accessible ici, ça oblige à travailler sans machine, tout dans la main comme à l’ancienne ! » Sans grands moyens au début, il commence par de petits sujets acquis dans les riches collections des villas environnantes. Parmi ses découvertes, de nombreuses plantes succulentes, des fruits exotiques – avocats, goyaves, bananes, passiflores… – et bien sûr des agrumes, car s’il dit souvent que les plantes l’ont conduit à Menton, Menton l’a conduit vers les agrumes. En 1992, il est diplômé de l’Ecole d’Agriculture et d’Horticulture d’Antibes et des pruneaux en poche, cherche un terrain, ce qui n’est pas des plus faciles, crée des vergers d’agrumes et s’y intéresse. Bien sûr, le citron, qui fut la grande ressource locale jusqu’à son déclin, a commencé avec le gel de 1956, la propagation du champignon et enfin le boom immobilier. En 1990, un mouvement se crée en faveur de sa réhabilitation et Laurent Gannac participe à la création de sa crèche. Ses arbres ont aujourd’hui entre 10 et 20 ans et produisent en moyenne 10 à 15 tonnes de citrons par an, soit l’une des plus grosses productions de Menton. « Je travaille en bio avec le cépage Menton, le mieux adapté au sol, donc plus résistant. » Vous avez sans doute envie de nous en dire plus sur votre métier d’agrumiculteur, mais dans le jardin réservé à la détente…

Zoom : airs et senteurs exotiques.

Menton citron

Menton citron en attente d’enregistrement d’une IGP (Indication Géographique Protégée) ; Ce serait une reconnaissance de cette culture traditionnelle longtemps négligée. Marqué par son terroir, il n’est pas forcément du cépage mentonnais, mais c’est un atout supplémentaire de par sa résistance et son adaptation au climat.

Les voiles de Cereus peruvianus.

Les bougies de Cereus péruvien ajoute son exotisme à la feuille de Strelitzia nicolai sur fond de bambou. En gros, un jacaranda brésilien complète le tableau.

Dichotomie de l'aloès

LEDichotomie de l’aloès C’est un arbuste sud-africain, où il peut atteindre jusqu’à 8 m de hauteur. Ici, plus compact, il se penche vers la lumière qui met en valeur les reflets gris de son épiderme. Il reste en végétation durant l’hiver, ce qui le rend très sensible au froid.

Marqueurs
lieu:
Menton, dans les Alpes Maritimes.
climat: Méditerranéenne, adoucie par une situation privilégiée entre mer et montagne. Vent léger, hivers doux avec de rares gelées courtes et brouillard en été qui atténue légèrement la sécheresse. Pluies soudaines et abondantes en milieu de saison, surtout en automne.
Sol: Sableux, siliceux, légèrement alcalin ; C’est un terroir spécifique au pays mentonnais, produit par l’érosion des grès durs des montagnes voisines.
exposition: Sud-ouest, agréable en hiver, très chaud en été.
Entretien: Fabriqué exclusivement par les propriétaires, il nécessite une présence pendant les mois d’été (juin à septembre) pour le dimensionnement et l’arrosage. Même avec la programmation, gardez un œil sur les drippers, car les erreurs ne pardonnent pas, surtout avec les pots. Le dimensionnement est avant tout une affaire de vie quotidienne : il s’effectue à chaque étape du jardin, sécateur à la main.
Sans traitements chimiques : Laurent Gannac est producteur d’agrumes biologiques. Ils ne s’occupent pas non plus de leur jardin. En revanche, elle utilise largement tous types de couvertures, notamment les déchets de coupe concassés (BRF).